
Une rêverie musicale et chorégraphique dans la tourmente des guerres napoléoniennes.
« Bien parado », interjection intraduisible, lancé aux artistes pour un final bien exécuté. Dans un ensemble parfait, la danseuse et le danseur, après une pirouette, s’arrêtent simultanément, les castagnettes et la musique aussi. Cette virtuosité intrigante est saluée par le public et les artistes reçoivent ce « Bien parado » comme un compliment.
Marco Horvat et la compagnie Faenza ont choisi de s’approcher au plus près de cette musique ancienne et populaire : « Quelle que soit la forme qu’aient prise nos représentations, l’essentiel de notre réflexion s’est concentré sur le rapport entre public et interprètes. De toute évidence, le formalisme du concert traditionnel, hérité du XIXe siècle, ne convenait en rien à des répertoires conçus dans et pour des cercles de convivialité dont nous avions perdu sinon la trace, du moins la pratique. Pour redonner aux musiques de l’intimité qui nous sont chères le pouvoir de toucher, il fallait réinventer des conditions de jeu qui tiennent compte non seulement du contexte originel de création, mais surtout du public devant qui nous étions amenés à interpréter ces pièces. »

C’est dans ce contexte, que la compagnie propose une évocation musicale autour de ce « Bien parado ». La seguidilla, qualifiée de bolera, de manchega ou encore de tirana selon ses origines ou sa vitesse d’exécution, est le centre de ce spectacle. Cette danse, popularisée par Georges Bizet, dans l’opéra Carmen, s’exécute sur les places, au cœur du village ou de la ville. Toute la population s’y mêle, bourgeois et paysans. C’est une musique profondément populaire et joyeuse. Nous sommes au début du XIXe siècle, les troupes napoléoniennes ont envahi l’Espagne et ont installé au pouvoir le frère de Napoléon, Joseph, El rey intruso. La culture et la fête populaires sont une forme de résistance. Cohabitent la séguidille et le Dos de mayo, jour de l’insurrection du peuple espagnol contre les occupants, suivi par la répression féroce du 3. Le souvenir de ces deux jours, immortalisés par Goya, sont restés vifs dans les mémoires espagnoles. Malgré l’horreur, on chante et on danse.
Le théâtre Molière nous convie à ce spectacle joyeux qui permet de découvrir des compositeurs populaires de l’Espagne du début du XIXe siècle. C’est le dimanche 15 mars 2026 à 16h00.
Renseignements et réservations : Théâtre Molière




