
Il ne pleuvait par sur Nantes, mais il pleuvait sur Sète, et le peuple de gauche, rassemblé devant la mairie, pleurait. Les résultats tombaient et l’écart se creusait. Laura Seguin, qui incarne, depuis 18 mois, l’immense espoir de changement, était battue. Infinie tristesse et profond sentiment d’injustice.
Cette campagne a été menée démocratiquement pendant deux ans ; un collectif de campagne, ouvert à toutes et tous, s’est tenu tous les lundis. Les grandes orientations y étaient prises. La ville a été ratissée par les militantes et les militants, avec des tracts spécifiques : le logement, la santé, les violences faites aux femmes, la cantine, les écoles. La tête de liste a été pugnace et n’a jamais cédé aux provocations et boules puantes qui n’ont pas manqué. Elle a été d’une dignité rare. Dans les débats auxquels elle a participé, elle a subi le regard méprisant de ses adversaires. Elle a systématiquement répondu sur le fond, sans jamais se départir de son calme, sans montrer le moindre agacement. Laura Seguin a montré et démontré qu’elle était légitime dans sa volonté de diriger la ville de Sète. Elle en a les qualités humaines et intellectuelles.
Les bases sont jetées pour continuer à creuser le sillon afin d’être victorieux dans six ans. Pour cela, il faut analyser et comprendre les votes communautaires de l’Ile de Thau ou l’enracinement du Rassemblement National au Barou, quartier middle class par excellence, entre autres.
Le petit groupe à l’origine de Nouvelles Pages pour Sète s’est étoffé au fil des jours. Ne laissons pas filer cette richesse humaine et cette capacité à réfléchir et parler ensemble afin de surmonter les divergences. Cet exemple de démocratie participative, même si, aujourd’hui, nous sommes désappointés, ne doit pas s’arrêter. Les beaux jours arrivent, investissons les espaces publics. Maintenons les groupes de réflexion.
Ce 22 mars était le 58e anniversaire de cette journée particulière à la fac de Nanterre qui a lancé le mouvement de Mai 68. L’un des mots d’ordre emblématique était « l’imagination au pouvoir ». Que ce mot d’ordre devienne le nôtre et nous gagnerons dans six ans !




