Place Aristide-Briand : la mobilisation se renforce

La tension est encore montée d’un cran samedi 24 septembre, lors de la manifestation organisée par le collectif Bancs Publics, contre la construction du parking sous la place Aristide-Briand

« Non au parking », « Commeinhes menteur, menteur », scandait la foule compacte massée rue Gabriel-Péri devant les nouveaux locaux du tiers-lieu la Palanquée, inaugurés samedi 24 septembre par tout un aréopage de politiques locaux.
En effet, sans aucune autorisation préalable de travaux, et malgré le référé suspensif déposé par Bancs Publics -dont le résultat n’est attendu que le 30 septembre-, la place Aristide-Briand est désormais bouclée de toutes parts et le kiosque déjà à moitié démonté. Un passage en force, que dénonce avec force les manifestants en colère. « M. le maire venez répondre à nos questions », demande au micro Uriel, membre du collectif Bancs Publics.

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Mais, comme la veille, lors du Conseil communautaire où s’est rendue une délégation de Bancs Publics reçue fraîchement par 18 policiers, l’élu se drape dans son silence. Pire, par un sérieux tour de passe-passe, il a fait expurger les vidéos mises en ligne par ses services de toute trace du passage de Bancs Publics devant les élus communautaires. Depuis, l’opposition a envoyé un courrier à l’Agglo pour protester et demander que la séance soit diffusée dans son intégralité. « Les libertés de débat et de parole ne sont pas respectées. Ce sont des méthodes d’une autre époque», explique Uriel. Comme la campagne de désinformation en cours orchestrée par la mairie sur différents supports qui n’hésite pas à vanter la « renaissance d’une esplanade historique » (remarquez au passage l’emploi du terme esplanade et non plus place) où seraient plantés, grâce au système « Tree Parker », 107 arbres contre les 82 actuellement en place. « Faux, archi faux », explique Uriel à la foule. « J’ai appelé Cholat, l’entreprise qui est censée replanter les arbres sur la place, mais ils m’ont expliqué qu’ils ne le feraient pas. Par contre, ils ont bien signé un ordre de mission pour arracher début décembre 57 arbres de la place et les replanter près du stade Louis-Michel ». Il y a aussi, dit-il « ce risque majeur que fait courir ce trou inépuisable aux immeubles qui entourent la place, avec l’eau qui coule dessous. En effet, il n’y a eu de sondages que sur 10% de la surface de la place ». Consternant, dénonce le collectif qui demande la reprise de l’étude d’impact et a déposé plus de 10 procédures devant la justice. Pendant ce temps, dans la foule une petite voix s’élève : « Commeinhes mène ta barque ailleurs », dit timidement une vieille dame. « Les seuls qui vont faire des bénéfices sur ce parking ce sont les bétonneurs, les amis du maire, reprend François Vallibouze, figure bien connue du landerneau sétois avant de lancer la sono sur l’une de ses chansons parodiques. « Je suis une fleur de béton, j’adore construire des parkings à la con, chante-t-il. Pour les arbres c’est bien moi le plus cruel… » Ça et là des manifestants esquissent quelques pas de danse. Pendant ce temps-là, les policiers municipaux et nationaux, visiblement inquiets, font le pied de grue devant la porte de la Palanquée, où rien ne bouge.

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« Je voudrais savoir pourquoi on a des questions et pas de réponse », reprend une petite fille au micro. En vain. La foule a beau s’égosiller, traitant le maire de noms d’oiseaux plus ou moins inspirés, seul le silence lui répond.

« Je voudrais savoir pourquoi on a des questions et pas de réponses » dit l’enfant. ©xm

Quand, soudain, vers 12H35, le maire sort par une petite porte annexe. Il est immédiatement repéré et suivi par la foule railleuse jusqu’à son scooter sur le quai voisin. Car, contrairement aux campagnes « illusionnistes » de la Mairie qui affirme vouloir « offrir un cadre de vie apaisé aux Sétois » et favoriser une mobilité douce et sans voiture (sic !), pour les manifestants, la coupe est pleine.

Un parking souterrain en ville, -il n’est nul besoin d’être grand clerc pour le savoir-, c’est au minimum plus de voitures, de pollution, de bruit, de trafic et d’embouteillages. Sans parler des arbres impossibles à replanter sur une dalle de béton. Ni des risques majeurs pour la ville. Car où iront se répandre les eaux pluviales du Saint Clair qui affleurent à 6,5 mètres au-dessous de la place, une fois que les ouvriers qui vont construire le parking souterrain de 300 places les auront pompées à un rythme infernal et auront coulé des tonnes de béton ? 54 riverains ont engagé à titre personnel 5 procédures, en plus de celles déjà déposées par Bancs Publics qui compte bien continuer à se battre sur le créneau du droit, même si cela risque d’être long. Sans céder à la violence, comme depuis le début de la mobilisation.

courrier adressé par les élu·e·s du groupe Thau ensemble au président de l’agglo, F. Commeinhes

Sète le 23 septembre 2022

Monsieur le Président.
Par la présente nous souhaitons que votre service dédié remette en ligne la totalité
de la vidéo de séance de Conseil Communautaire d’hier, jeudi 22 septembre 2022 à
Frontignan.
En effet, quelle n’a été notre surprise de constater que le début de cette séance avait
été purement et simplement supprimé. Cette assemblée qui doit favoriser le débat
public et républicain est également le lieu d’échanges entre les élus sur des questions
engageant le territoire.
Cette suppression nous surprend et nous afflige, dans la mesure où la liberté de parole
et le débat politique et républicain ne sont pas respectés.
Dans l’attente d’une réponse diligente, veuillez recevoir. Monsieur le Président, nos salutations républicaines.